Ce matin, elle s'était levée tôt pour préparer sa valise. Rien de bien particulier à emporter ; juste quelques habits, un livre auquel elle tenait et son cœur. Il était si gros que jamais la valise ne pourrait fermer...
Elle alla dans la salle de bain, prit sa trousse de maquillage. Elle y rajouta le dernier fard Chanel qu'elle s'était acheté -pour elle et sa fille...- mais à quoi bon...ses yeux étaient remplis de larmes qui ne pouvaient couler.
Pourtant elle savait que lorsqu'elle la verrait, elle ne pourrait contenir ses pleurs. A l'idée d'imaginer leurs retrouvailles, elle sentit son cœur se serrer fort, très fort. Elle jeta sa trousse dans la valise qu'elle ferma hâtivement.
Puis elle prit la route. Elle était comme hypnotisée, endolorie par les diverses souffrances des semaines....des mois qui venaient de passer. Désespérée par tant de tourments gratuits, elle ne savait plus où se tourner. Mensonges, trahisons, hypocrisie, mièvreries, avaient été les derniers cadeaux que lui avait offert la vie. Il est des moments où tout explose, où plus rien ne sort. Juste apprendre à se retrouver avec ses souffrances dans le silence.
Elle était arrivée à la limite du possible. Et ce matin, en se réveillant, elle avait pensé à « Elle ». Il n'y avait que sa meilleure amie qui pouvait la comprendre, l'entendre, la prendre doucement dans ses bras et calmer son chagrin. Et puis chez « Elle » il y avait toutes ces personnes qu'elle aimait et qui lui manquaient tant. Elle allait pouvoir retrouver son père, petit Law aussi... La route était longue ; il lui tardait d'arriver.
Quand elle gara sa voiture devant chez « Elle », elle n'osait pas lever les yeux. Son cœur battait très fort. Elle descendit de sa voiture ; elle crevait d'envie de prendre une cigarette pour gérer ses tremblements mais elle s'était mis ce foutu patch le matin avant de partir. Elle n'osait toujours pas tourner son regard vers « Elle ». Elle marcha dans sa direction, prit une grande respiration et ce n'est qu'à ce moment là qu'elle put enfin la regarder.
Instantanément, ses larmes se mirent à couler. Mon Dieu comme « Elle » était belle. Ses yeux étaient remplis d'étoiles scintillantes, elle portait une superbe robe bleutée mais c'est surtout cette présence qu'elle dégageait ..... tellement rassurante, tellement protectrice.
Quand elle s'approcha un peu plus d'Elle, ses larmes devinrent de gros sanglots. Elle avait dû mal à reprendre sa respiration.
Ce jour là, il faisait un soleil resplendissant et il y avait du monde chez « Elle ». Ses invités la regardaient d'un air un peu hébété , ne sachant que faire, quels mots dirent... Le mieux était de faire « comme si de rien »...
Sans dire mot, elle se mit à marcher à ses côtés. Déjà enfant, elles n'avaient pas besoin de se parler pour se comprendre. Juste la présence, le souffle de l'amour et le silence environnant suffisaient pour leur permettre de communier entre elles. Doucement, son ami le soleil vint les rejoindre et avec une infinie douceur se mit à remplir son cœur de chaleur. Sur le sable, elle vit une multitude de petits coquillages. Elle s'arrêta de marcher, se pencha pour en attraper un... Dans le creux de sa main, elle caressait chacun de ses reliefs ; Aveuglée dans ses cauchemars , elle avait oublié combien la nature était belle. Elle continua à avancer dans cet univers paradisiaque qui l'apaisait un peu plus à chaque pas ; c'est à ce moment qu'elle s'aperçut qu'au milieu de tous ces trésors que lui offrait son amie, se trouvaient une multitude de petites plumes blanches. Elle le savait ; Law était bien là. Elle espérait en venant ici le rencontrer mais elle ne savait pas encore comment elle le reconnaîtrait. Il avait su lui faire signe par la symbolique de ces petits duvets éparpillés sur la plage. A nouveau, elle se mit à pleurer mais ce n'était plus des larmes de peine. Plutôt des larmes de colère contre elle, contre ces puérilités auxquelles elle avait apporté trop d'importance et qui l'avaient brisée alors qu'elle en avait oublié l'essentiel de la vie...Ce jour là, elle ne vit pas son père.
Elle se retourna le cœur remplit de gratitude vers son amie la Mer, déposa un baiser dans la paume de sa main et souffla très fort. Depuis sa plus petite enfance, c'est ainsi qu'elle la quittait.....
Elle rentra a son hôtel et s'assoupit, fatiguée de toutes ces belles émotions. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, la nuit était tombée. Au fur et à mesure que la réalité venait prendre la place de ses rêves, elle sentit ses démons lui broyer à nouveau le cœur. Elle prit sa voiture et alla de nouveau se réfugier chez son amie. Tous ses invités étaient partis. C'était l'instant qu'elle préférait ; quand elles se retrouvaient toutes les deux et que tout le monde dormait.
Elle s'assit dans le noir , sur la plage. Elle ne voyait pas son amie mais elle devinait sa présence par le chant mélodieux des vagues qui venaient doucement s'allonger sur le sable. Elle resta ainsi une heure sans penser à rien et lorsque son cœur fut allégé, elle reprit le chemin de son hôtel, sans oublier d'envoyer un tendre baiser à son amie.
Le lendemain, elle devait rentrer. Il lui aurait fallu des semaines pour se ressourcer à ses côtés, mais quelques heures : c'était déjà très bien. Pourtant avant de reprendre le chemin du retour, elle ressentit le besoin vital d'aller la voir une dernière fois. Elle était toujours aussi belle mais cette fois le soleil avait laissé la place à la pluie qui semblait jouer en lançant ses gouttelettes dans les vagues. Elle s'avança sur la jetée. De ce temps, ses invités l'avaient laissée tomber.
Elles étaient à nouveau réunies toutes les deux dans ce silence si apaisant. Elle se pencha alors au dessus de la jetée et regarda les remous qui se dessinaient autour des pilots. Elle eut idée alors d'aller chercher une petite plume blanche sur le sable, mais les vagues avaient recouvertes la plage... Tant pis ; elle devenait rentrer maintenant. Un dernier baiser à son amie et un regard plein d'espérance pour la remercier. Elle reviendrait bientôt ; c'était promis.
En remontant la jetée, elle ne se lassait pas de la regarder tant elle était belle. Elle baissa juste un instant les yeux ; à ses pieds, il y avait une petite plume blanche. Elle la ramassa, la mit délicatement contre son cœur et se retournant vers son amie, lui adressa un dernier baiser en la remerciant de ce signe qu'elle venait de lui envoyer juste avant son départ.
Publié par SARAH33 à 18:12:43 dans Mes réflexions du moment | Commentaires (17) | Permaliens
Si un problème survient sous tes yeux, vaut mieux intervenir, au risque de se tromper, que de ne rien faire et devoir vivre avec les remords et l'incertitude. C'est en prenant des risques que l'on apprend et grandit.
Publié par SARAH33 à 10:21:17 dans Mes réflexions du moment | Commentaires (8) | Permaliens
NE FORCE JAMAIS QUOI QUE CE SOIT
CAR LES MEILLEURES CHOSES
ARRIVENT QUAND ON S'EN ATTEND
LE MOINS....
Bisous à tous
Publié par SARAH33 à 21:56:11 dans Mes réflexions du moment | Commentaires (11) | Permaliens
AU LOIN, SOUS LE SOLEIL, BRILLENT MES PLUS GRANDES ASPIRATIONS ;
ELLES SONT PEUT ETRE ENCORE HORS DE MA PORTEE,
MAIS JE PEUX LEVER LES YEUX EN LEUR DIRECTION,
ADMIRER LEUR BEAUTE, CROIRE EN ELLES,
ET ESSAYER DE LES SUIVRE...LOUISA MAY ALCOTT
Publié par SARAH33 à 16:15:43 dans Mes réflexions du moment | Commentaires (14) | Permaliens
Chère Madeleine,
Il était important pour moi de vous écrire cette dernière lettre car il me restait encore quelques mots à vous adresser et je sais que vous les recevrez avec un joli sourire....
Ce sourire que j'ai découvert il y a quelques années et qui m'a toujours émerveillé. Vos yeux étaient bleus, lumineux et si malicieux. Je pense que vous étiez une très jolie femme avant que les signes de la vie ne marquent votre visage.
On vous désignait comme une femme aigrie, acariâtre, toujours insatisfaite et rebelle. Je trouve très beau justement cette rébellion dont vous avez fait preuve durant toute votre vie. Moi, je vous trouvais battante, volontaire, infernale des fois c'est vrai mais adorable.
Nos premiers échanges furent très vite complices. La femme qui râlait toujours, l'insatisfaite, m'a très vite offert ses plus jolis sourires et mon Dieu comme vous étiez belle quand vous souriez...
J'ai eu l'immense privilège de pouvoir saisir vos mains et vous serrer contre mon cœur alors que vos larmes coulaient. On ne pouvait vous imaginer aussi fragile mais moi, je connaissais les maux de votre cœur et ses souvenirs que vous regrettiez tant.
Vous rappelez vous de notre sortie au restaurant ? Mon Dieu comme vous m'avez fait tourner en bourrique ... C'était un vendredi Saint ! J'avais choisi le jour, sachant que de toute façon toutes les viandes les plus tendres auraient malgré tout étaient trop dures à votre goût ! Avec le poisson, j'avais un peu moins de chance de me « ramasser » !! Peine perdue : vous avez trouvé le premier restaurant trop bruyant, le second : il y faisait trop chaud, le troisième : le service était trop long et avant même que le serveur nous présente la carte, vous exigiez de partir. Alors nous avons fini avec une salade à emporter. « Au poulet » aviez vous exigé et dans une colère froide je vous ai juste répondu « sûrement pas. Vendredi Saint, nous prendrons une végétarienne ! » . Vous n'aviez rien répondu ! Comme une petite fille dont le caprice n'avait pas été accordé, vous n'aviez plus sorti un mot !
Et quand nous sommes arrivées chez vous et que je me suis attablée devant vous, vous vous êtes mise à pleurer en me prenant les mains, regrettant d'avoir été à nouveau aussi désagréable. Je vous ai câlinée comme une enfant et j'ai essuyé vos larmes vous assurant que je vous aimais beaucoup telle que vous étiez.....
Cette année je vous ai adressé mes vœux, mes derniers mots.... Vendredi matin, vous avez pris la petite valise de vos souvenirs et êtes partie rejoindre tous ceux qui vous manquaient tant.
J'espère que là vous êtes, douce Madeleine, vous vous sentez enfin heureuse et apaisée et que c'est la chaleur de votre sourire que je reçois aujourd'hui et qui me réchauffe un peu le cœur.
Je voulais juste vous remercier une dernière fois de m'avoir offert ces yeux si beaux, ces sourires si touchants . Merci de m'avoir donné votre confiance et permis de partager un peu votre monde.
Je vous envoie un baiser d'amour vers votre petite étoile brillante. Soyez heureuse et en paix. Votre chemin ne fait que continuer auprès de ceux que vous regrettiez tant. Aujourd'hui, ils sont à nouveau près de vous...
SARAH
Publié par SARAH33 à 12:40:54 dans Mes réflexions du moment | Commentaires (3) | Permaliens
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